Séguret,
village de Provence en France
1394 - Les Juifs
du Pape et le village de Séguret.
Recherche: Jean-Marie Gélinas, 10 octobre 2005
Adaptation:
L’arrivée des Juifs à Avignon, en Provence,
date du 1er siècle de notre ère, après que le second Temple de Jérusalem eût
été détruit. Selon la tradition,
Le Comtat Venaissin (comtat désigne les grands comtés
de Provence, comme le Comtat de Venaissin et le Comtat d’Avignon) est situé en
Provence et appartenait au Saint-Siège depuis 1274. Le Comtat d’Avignon lui
appartenait depuis 1348.
Ces « Juifs du Pape » ont habité les Comtats Venaissin
et d’Avignon pendant plusieurs siècles. Ils avaient été regroupés en quatre
communautés : Avignon, Cavaillon, Carpentras, et l’Isle-sur-la-Sorgue (4). Il
semble aussi qu’une autre Carrière ait
existé à Forcalquier, ville située en dehors des limites des Comtats d’Avignon
et Venaissin, à environ 60 à
C’est à partir
de septembre 1791 que les Comtats Venaissin et d’Avignon ont été réunis au
territoire français. Et c’est depuis 1793 que ces deux ex-comtats font partie
du département du Vaucluse. (84)
Lors de leur rattachement à la République française,
les Juifs de Carpentras profitèrent de leur nouvelle qualité de citoyens pour
immigrer dans toutes les villes importantes de Provence, du midi de la France,
et de là, à toute la France.
Les Juifs du Pape (Les Juifs de France furent expulsés
du royaume de France par l’Édit du 17 septembre 1394 de Charles VI. Une partie de ces Juifs français expulsés
sont allés rejoindre les Juifs du Pape)
avaient l’habitude de porter les noms des localités voisines ou non, où
habitait leur communauté à l’intérieur des Comtats Venaissin et d’Avignon (1).
Les Juifs portaient une grande attention à ne pas porter de noms chrétiens.
C’est pourquoi ils adoptaient de préférence des noms de lieux. Nous retrouvons
encore aujourd’hui dans le Vaucluse ces noms de lieux portés par les Juifs du
Pape : Beaucaires, Bédarrides, Carcassonne, Cavaillon,
Crémieux, Lunel, Meyragues, Monteux et Séguret.
Séguret,
ou Seguret, est le nom d’un village du Comtat
Venaissin voisin de Carpentras, dont les Juifs du Pape prirent le nom. Le mot Séguret évoque la sécurité (en dialecte occitan segur = sûr). Ce nom de lieu s’applique en principe à une
forteresse. D’ailleurs, le village de Séguret est
bâti au pied d’une colline surmontée de son château féodal, aujourd’hui en
ruine.
L’Église n’a jamais cessé de vouloir le salut des
Juifs. Les rois d’Espagne, au service de
Les prédications forcées se révélant insuffisantes
pour convertir les Juifs, l’Église a dû
penser à mettre en œuvre d’autres moyens pour les convertir. Ce fut la «
conversion en musique ». Il s’agit de ces chants de Noëls provençaux qui
étaient spécialement composés à Avignon au 18e siècle pour enseigner aux Juifs
le mystère de la Nativité.
Dans ces Noëls de la « conversion en musique», tout
comme dans la « prédication obligatoire », on découvre des controverses et des
disputes théologiques que l’Église et les pouvoirs publics avaient instituées
au Moyen Âge pour la conversion raisonnée des Israélites.
Un exemple : les habitants du village de Séguret, village du Haut-Comtat Venaissin, jouaient traditionnellement une pastorale archaïque où l’on voit en scène un Juif rouquin qui sent « li cassé » (li cassé : la cuisine cachère. C’est une expression en dialecte hébraïco-comtadin, langage que parlaient les Juifs du comté de Venaissin) discuter avec un ange sur la venue du Messie. Or l’enfant de Jacob, dans son désir d’invoquer l’autorité la plus sûre en faveur de la Loi mosaïque, s’en réfère d’abord à un certain Rabbin Crémieux, qui doit être le fameux exégète Mardochée Crémieux (né en 1750 à Carpentras, mort à Aix en 1825) et, comme ce n’est pas suffisant, pressé par l’argumentation de l’ange, il appelle un autre Rabbin à la rescousse, cette fois de Metz en Lorraine ! Et dans ce Rabbin de renfort dont le nom n’est jamais mentionné, ont découvre qu’il est le personnage clef de cette pastorale. C’est lui qui va finir par dénouer, devant les spectateurs, l’intrigue finale de l’histoire en se convertissant par les soins d’un curé de Carpentras. Il démontrait ainsi aux spectateurs la supériorité de la religion catholique sur le judaïsme. Ainsi se termine la pastorale jouée au village de Séguret il n’y a pas encore si longtemps, soit au 20e siècle
Bibliographies
consultées:
(1) Judaiques culturel, Patrimoine-France-Comtat-Venaisin, Nadia,
mardi 27 juillet 2004.
Yaho! France, dans recherche
écrire Noms des Juifs d’Avignon-Judaiques cultures
PDF, cliquez sur recherche, puis cliquez sur (1. Judaiques
cultures).
(2) Juifs du
Languedoc, de la Provence et des États français du Pape, Armand Lunel, Éditions Albin Michel (1967), pages
142, 141, 139, 137.
(3) Histoire
d’un généalogiste Judéo-Comtadin,
Michel Mayer-Crémieux, Éditions Albin Michel (1992).
(4) Des familles Séguret
demeuraient toujours à «L’Ile sur-la Sorgue», entre 1891 et 1915 où vivait à
l’origine une des quatre communautés des Juifs du Pape en Provence, dans le
département de Vaucluse (84), en France
Yaho! France, dans recherche
écrire : La
France de votre nom, cliquez sur recherche et ouvrer, cliquez sur (2 . La
France de votre nom 1891 à 1990), écrire
Séguret, et valider.